févr. 2004

Une vie de chien

Je me souviens de mes ancêtres,
Aux poils longs, aux dents pointues.
Ils ne connaissaient pas de maîtres,
Marchaient sans laisse, sans vertu.

Ils croquaient ce qui passait,
Vivaient en meute organisée,
Jouaient à se faire peur
En attendant les chaleurs.
C’était le bonheur, la fierté
D’une vie de chien en liberté.

Mais aujourd’hui je vis seul
Dans un deux pièces cuisine,
Couché sur un linceul,
A côté des magazines.

Faut pas que j’aboie,
Que je fasse quoi que ce soit,
Qui pourrait perturber
Ma maîtresse fatiguée.
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