Terrienne
Trois
28/05/2006
Nous ne serons plus deux
Un suffit
Un nécessaire
Un imparfait
J'aurais voulu être trois
Un suffit
Un nécessaire
Un imparfait
J'aurais voulu être trois
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Mémoire
15/05/2006
Le temps incertain tressaute dans sa
chaise à bascule
Et s'en vient mourir près d'un mur.
La mémoire fait alors un trace rouge sur ce mur où
Dégouline les souvenirs disparates d'une non-vie ânonnée.
On ne supporte pas la mémoire de l'autre où nous ne sommes pas
Où d'autres que nous ont laissé des traces.
Et s'en vient mourir près d'un mur.
La mémoire fait alors un trace rouge sur ce mur où
Dégouline les souvenirs disparates d'une non-vie ânonnée.
On ne supporte pas la mémoire de l'autre où nous ne sommes pas
Où d'autres que nous ont laissé des traces.
Œuvre
25/02/2006
Caverne
11/09/2005
Suicide
29/08/2005
Des vies ratées, des vies loupées, des
vies gâchées. Des vies sans queue ni tête. Sans tête surtout.
Des vies où la réussite des autres nous amène sans cesse à nous mettre en abîme. N’avoir aucun talent, n’avoir aucun don. Et pourtant. Persévérer ? Continuer ? Des fois on se dit que tout ceci est bien inutile. Par conséquent sa propre vie aussi nous paraît inutile. Suicide. Le mot est dit avec tout son poids, ses conséquences, sa solution.
Des vies où la réussite des autres nous amène sans cesse à nous mettre en abîme. N’avoir aucun talent, n’avoir aucun don. Et pourtant. Persévérer ? Continuer ? Des fois on se dit que tout ceci est bien inutile. Par conséquent sa propre vie aussi nous paraît inutile. Suicide. Le mot est dit avec tout son poids, ses conséquences, sa solution.
Je,nous, vous
22/08/2005
Blackout
10/06/2004
Non, pas déjà… dormir encore un peu.
Être bien, là, sous la couette, au chaud. De tout manière j'ai mal
dormi. Je suis fatigué. Faut que je me repose encore… un tout petit
peu.
Je m'assois au bord du lit, l'esprit brumeux, les paupières lourdes. Je baille. Je m'étire. Je me touche le bout des orteils. Tiens, j'ai les pieds secs… L'orchestre du matin s'accorde : il prépare sa grande symphonie pour moteurs, klaxons, cris d'enfants, crissements de pneus, oiseaux, camion poubelle, cloches, motocyclettes, volets, fenêtres, rideaux, écoulements, tout-à-l'égout, radios, cafés, rasoirs électriques et portes qui claquent, en hommage à Russolo. Je me lève en roulant sur le lit, souple. Solliciter le moins possible mes muscles. Soulever le couvercle des chiottes, se poser délicatement en s'appuyant sur les jambes. J'avais la flemme d'aller pisser cette nuit. Bon Dieu que ça soulage. Attendre encore un peu. Tirer la chasse d'eau. Se hisser dans la baignoire, tirer le rideau, prendre la poire de douche. Pas trop chaud. Aller, vite sortir.
J'ai envie de rien. Les jours passent comme les voitures sur l’autoroute. Je cherche, comme un orpailleur dans le désert, une brindille de motivation. Faire les urgences.
Je m'assois au bord du lit, l'esprit brumeux, les paupières lourdes. Je baille. Je m'étire. Je me touche le bout des orteils. Tiens, j'ai les pieds secs… L'orchestre du matin s'accorde : il prépare sa grande symphonie pour moteurs, klaxons, cris d'enfants, crissements de pneus, oiseaux, camion poubelle, cloches, motocyclettes, volets, fenêtres, rideaux, écoulements, tout-à-l'égout, radios, cafés, rasoirs électriques et portes qui claquent, en hommage à Russolo. Je me lève en roulant sur le lit, souple. Solliciter le moins possible mes muscles. Soulever le couvercle des chiottes, se poser délicatement en s'appuyant sur les jambes. J'avais la flemme d'aller pisser cette nuit. Bon Dieu que ça soulage. Attendre encore un peu. Tirer la chasse d'eau. Se hisser dans la baignoire, tirer le rideau, prendre la poire de douche. Pas trop chaud. Aller, vite sortir.
J'ai envie de rien. Les jours passent comme les voitures sur l’autoroute. Je cherche, comme un orpailleur dans le désert, une brindille de motivation. Faire les urgences.
Une vie de chien
02/02/2004
Je me souviens de mes ancêtres,
Aux poils longs, aux dents pointues.
Ils ne connaissaient pas de maîtres,
Marchaient sans laisse, sans vertu.
Ils croquaient ce qui passait,
Vivaient en meute organisée,
Jouaient à se faire peur
En attendant les chaleurs.
C’était le bonheur, la fierté
D’une vie de chien en liberté.
Mais aujourd’hui je vis seul
Dans un deux pièces cuisine,
Couché sur un linceul,
A côté des magazines.
Faut pas que j’aboie,
Que je fasse quoi que ce soit,
Qui pourrait perturber
Ma maîtresse fatiguée.
Aux poils longs, aux dents pointues.
Ils ne connaissaient pas de maîtres,
Marchaient sans laisse, sans vertu.
Ils croquaient ce qui passait,
Vivaient en meute organisée,
Jouaient à se faire peur
En attendant les chaleurs.
C’était le bonheur, la fierté
D’une vie de chien en liberté.
Mais aujourd’hui je vis seul
Dans un deux pièces cuisine,
Couché sur un linceul,
A côté des magazines.
Faut pas que j’aboie,
Que je fasse quoi que ce soit,
Qui pourrait perturber
Ma maîtresse fatiguée.