Lunaire
Miroir
26/05/2006
Sous un abat-jour
Il gisait
Recroquevillé, les genoux dans le nez
Sans espoir, ou si peu
Il tenait dans ses mains
Un morceau de miroir
Miroir rouge d'une âme partie
Dans une flaque sourde
Son cul trempait
Le temps n'aide pas
Les autres non plus
Seul à jamais
Une image restait
Gravée dans le miroir
Qu'une goutte quittait
La dernière sans doute
Mais qui sait ?
Il gisait
Recroquevillé, les genoux dans le nez
Sans espoir, ou si peu
Il tenait dans ses mains
Un morceau de miroir
Miroir rouge d'une âme partie
Dans une flaque sourde
Son cul trempait
Le temps n'aide pas
Les autres non plus
Seul à jamais
Une image restait
Gravée dans le miroir
Qu'une goutte quittait
La dernière sans doute
Mais qui sait ?
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À l'heure
25/05/2006
si tant est que nous
soyons blancs de cœur
la pluie ne cesse
de tomber à l'heure
le sexe las
des ultimes ardeurs
la limite des espaces
apparaît promptement
et partout, souvenir aidant
les mains frôlent
une dernière épaule
qui d'un châle se couvre
au petit matin frais
d'un départ annoncé
tant de fois ignoré
mais la pluie elle
ne cesse
de tomber à l'heure
soyons blancs de cœur
la pluie ne cesse
de tomber à l'heure
le sexe las
des ultimes ardeurs
la limite des espaces
apparaît promptement
et partout, souvenir aidant
les mains frôlent
une dernière épaule
qui d'un châle se couvre
au petit matin frais
d'un départ annoncé
tant de fois ignoré
mais la pluie elle
ne cesse
de tomber à l'heure
Synapse
23/01/2006
Une vague idée de plaisir surgit à
l'embouchure d'une nerf, remonte le long d'un chemin étroit et
vient se loger dans l'encoignure d'un neurone asphyxié par l'air
vicié des inimaginables images immatures.
Ne nous méprenons pas sur le sens de l'indicible qui virevolte au grès des préjugés sur le désir d'un être aux ailes écorchées.
L'amour n'entend que l'inouïe murmure d'un songe ancien perdu dans une sphère aux couleurs chaudes. Fut-il perceptible et sauvage. Fut-il docile et absent.
Il ne survivra pas plus que le temps d'un souffle amer posé sur ses lèvres.
Laissant au dedans la trace inachevée d'un infini rabougri, comme une poussière dans l'œil que l'on s'efforce de retirer. N'y aura-t'il donc point de retour à ce chemin cosmogonique qui déverse hoquetant ses larmes noires ?
Le temps recule où avance l'esprit libéré d'une blessure mille fois subie, mille fois refusée. Apaiser la brûlure du vide éternel des âmes solitaires errantes près d'un synapse oublié.
Ne nous méprenons pas sur le sens de l'indicible qui virevolte au grès des préjugés sur le désir d'un être aux ailes écorchées.
L'amour n'entend que l'inouïe murmure d'un songe ancien perdu dans une sphère aux couleurs chaudes. Fut-il perceptible et sauvage. Fut-il docile et absent.
Il ne survivra pas plus que le temps d'un souffle amer posé sur ses lèvres.
Laissant au dedans la trace inachevée d'un infini rabougri, comme une poussière dans l'œil que l'on s'efforce de retirer. N'y aura-t'il donc point de retour à ce chemin cosmogonique qui déverse hoquetant ses larmes noires ?
Le temps recule où avance l'esprit libéré d'une blessure mille fois subie, mille fois refusée. Apaiser la brûlure du vide éternel des âmes solitaires errantes près d'un synapse oublié.
L'attente
07/12/2005
Ars
30/11/2005
Bien au-delà des paroles prononcées et
des gestes entrepris, la vie suit un cours fluide qui nous ramène à
la source des conflits en perte d'identité. Nous ne sommes pourtant
pas des ébauches finies qui pâlissons sous un arbre pleureur à la
lune de midi. Bien au contraire. Notre sens de l'ordre et du devoir
nous choisit par hasard une voie de garage suivie par la cohue des
décisions hâtives et furtives qui sillonnent une région dépourvue
de bon sens.
La fleur
22/08/2005
Dans un état perpétuel de régression,
nous opposons aujourd'hui corps et esprit, dans une grande
tradition tragique de lobotomie religieuse. L'esprit nous fait
peur, par sa complexité et ses facettes infinies. Le concret et le
tangible tiennent alors lieu de refuge. Mais ce corps, qu'il faut
respecter et entretenir, n'est que la racine et la tige de la fleur
qu'est l'esprit.
Comprendre
21/08/2005
— Vous n'avez pas compris…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le veux-je pas ?
— Vous ne voulez pas comprendre…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le puis-je pas ?
— Vous ne pouvez pas comprendre et c'est là l'ultime état de votre esprit nourri à la facilité sous-vide…
— Quelle importance ? Dois-je forcément comprendre ?
— Oui, car sinon vous croirez en des choses incompréhensibles. Et là sera l'ultime état de votre esprit nourri à la croyance déshydratée…
— Mais vous, êtes-vous sûr de votre compréhension ?
— J'attendais cette remarque. Ceux qui ne comprennent pas tentent, dans un ultime état de leur esprit graisseux, de mettre en doute la compréhension de l'autre. Vous avez visiblement peur de votre incompréhension. Vous prenez conscience de la faiblesse de votre esprit nourri de futile et vous vous débattez, comme un agonisant qui ne veut pas voir son amie la Mort lui apporter son ultime cadeau. Vous êtes dans le brouillard et votre esprit, nourri de directions inutiles, est perdue. Vous essayer une ultime parade…
— Vous ne m'avez pourtant pas répondu !
— La compréhension n'est jamais totale, définitive. L'important est de comprendre à chaque étape, chaque fois que des informations ou des événements se présentent et renouvellent de fait cette compréhension. Dans cet état, je ne peux être sûr de ma compréhension que jusqu'à l'apparition de nouveaux éléments. J'en déduis que votre question, malheureusement, n'a pas de sens.
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le veux-je pas ?
— Vous ne voulez pas comprendre…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le puis-je pas ?
— Vous ne pouvez pas comprendre et c'est là l'ultime état de votre esprit nourri à la facilité sous-vide…
— Quelle importance ? Dois-je forcément comprendre ?
— Oui, car sinon vous croirez en des choses incompréhensibles. Et là sera l'ultime état de votre esprit nourri à la croyance déshydratée…
— Mais vous, êtes-vous sûr de votre compréhension ?
— J'attendais cette remarque. Ceux qui ne comprennent pas tentent, dans un ultime état de leur esprit graisseux, de mettre en doute la compréhension de l'autre. Vous avez visiblement peur de votre incompréhension. Vous prenez conscience de la faiblesse de votre esprit nourri de futile et vous vous débattez, comme un agonisant qui ne veut pas voir son amie la Mort lui apporter son ultime cadeau. Vous êtes dans le brouillard et votre esprit, nourri de directions inutiles, est perdue. Vous essayer une ultime parade…
— Vous ne m'avez pourtant pas répondu !
— La compréhension n'est jamais totale, définitive. L'important est de comprendre à chaque étape, chaque fois que des informations ou des événements se présentent et renouvellent de fait cette compréhension. Dans cet état, je ne peux être sûr de ma compréhension que jusqu'à l'apparition de nouveaux éléments. J'en déduis que votre question, malheureusement, n'a pas de sens.