Aérienne

Près de l'enfant

Par je
J'entends lui
Tû dans l'ombre
Il nargue ses frères
Au pas des morts
Vapeurs maigres
De traces griffées
Il n'a plus en moi
Le souffle chaud
Qui prend la voix
D'un corps brisé
Je m'enfuis
Vers lui aussi
D'un pied seulement
L'autre dort
Près de l'enfant
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Neige II

Dans le pays où il neige, nous ne ferons plus de pas dans la neige, légère et fine elle ne collera plus la neige, aux pieds plats qui traînent dans les chemins de neige. N'ais-je pas pris le temps de perdre ma vie au cours d'un défilement subtil de sous-marins absurdes qui défilaient sous l'eau marine des neiges fondues des pays où il neige ?
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Sac plastique

Âme vidée dans un sac plastique
Qui pourrit lentement près d'un yaourt périmé
Elle s'habille d'une mousse jaune
Comme un pistil de fleur sauvage
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L'homme dieu

Je crois en l'Homme
À la société des Hommes
À l'amour des Hommes

Dieu s'est incarné en Homme paraît-il,
Alors croire en l'homme c'est aussi, peut-être, croire en Dieu
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Réveil

Dormir dans la salon, sous une masse de couettes et d'édredons. Se sentir prisonnier de la chaleur qui vous entoure et vous serre. Se mouvoir hors de son rêve qui laisse encore couler quelques images dans le présent. Vouloir ouvrir les yeux. Les ouvrir. Apercevoir le plafond blanc où la tendre lumière d'un matin enneigé dessine quelques dégradés blancs qui viennent mourir sur le mur.
Tourner la tête et voir qu'elle dort encore.
Attendre.
Attendre encore.
Attendre que ses paupières frémissent et que, lentement, ses yeux respirent.
Alors, plonger dedans.
Tout vouloir. Puis ne plus rien vouloir.
Puis à nouveau tout.
La vouloir, enfin.
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Lancelot

Je me souviens
Des chemins de ronde
Bordures d'un lac imaginaire
Où tu t'étais endormie.
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Une souris verte

Une souris grise,
Court sur le bitume.
Fin de l'histoire.
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Lenteur

Attente, lente
Yeux verts, doigts fins
Sur des sons sans sens

Envoûtement lent
Écrire, non, oui

Se défaire du regard
Et sans tarder, s'attarder

Se nourrir, vivre aussi.
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Destin nacré

Pourquoi de si peu de temps
Nous avons eu, jadis,
Pour essaimer dans la plaine
Les graines d’un destin nacré,
Qui eu satisfait notre ignorance ?
Pour nous sauver, pour nous perdre…
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Si proches…

Si peu de choses nous éloignent,
L’un vers l’autre, que
Cet espace qui nous lie,
Défait les liens ténus
D’un instant suspendu
À tes lèvres si proches que
Nous aimer serait
Un voyage infini.
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Neige

Hier, nous avons regardé tomber la neige, comme si nous étions des enfants. Les flocons flottaient dans l’air, semblables à de petites plumes d’oiseaux. Les voitures roulaient au pas, sans faire de bruit. Le clocher de l’église du Sacré-Cœur avait disparu dans l’écharpe grise du ciel.
Le nez près de la fenêtre, les mains dans le dos, on s’amusait à suivre le trajet des flocons qui venaient s’écraser contre la vitre. Des bourrasques de vent poussaient la neige vers le coin du balcon. Elle s’agglutinait pour former un petit tas qui semblait remonter le long du mur. Le pot de terre cassé et le sapin mort avaient disparu sous un linceul. On ne distinguait plus que quelques petites collines blanches.
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