août 2005

Suicide

Des vies ratées, des vies loupées, des vies gâchées. Des vies sans queue ni tête. Sans tête surtout.
Des vies où la réussite des autres nous amène sans cesse à nous mettre en abîme. N’avoir aucun talent, n’avoir aucun don. Et pourtant. Persévérer ? Continuer ? Des fois on se dit que tout ceci est bien inutile. Par conséquent sa propre vie aussi nous paraît inutile. Suicide. Le mot est dit avec tout son poids, ses conséquences, sa solution.
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Destin nacré

Pourquoi de si peu de temps
Nous avons eu, jadis,
Pour essaimer dans la plaine
Les graines d’un destin nacré,
Qui eu satisfait notre ignorance ?
Pour nous sauver, pour nous perdre…
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Si proches…

Si peu de choses nous éloignent,
L’un vers l’autre, que
Cet espace qui nous lie,
Défait les liens ténus
D’un instant suspendu
À tes lèvres si proches que
Nous aimer serait
Un voyage infini.
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La fleur

Dans un état perpétuel de régression, nous opposons aujourd'hui corps et esprit, dans une grande tradition tragique de lobotomie religieuse. L'esprit nous fait peur, par sa complexité et ses facettes infinies. Le concret et le tangible tiennent alors lieu de refuge. Mais ce corps, qu'il faut respecter et entretenir, n'est que la racine et la tige de la fleur qu'est l'esprit.
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Je,nous, vous

Je, nous, vous, clairsemés, habités,
Volubiles et discrets, un mouvement,
Un geste perdu, l’eau qui coule
Dans le dos ; les pieds secs dans le sable
Inouïes mais visibles, des traces,
Des tâches… Finalement seul.
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Comprendre

— Vous n'avez pas compris…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le veux-je pas ?
— Vous ne voulez pas comprendre…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le puis-je pas ?
— Vous ne pouvez pas comprendre et c'est là l'ultime état de votre esprit nourri à la facilité sous-vide…
— Quelle importance ? Dois-je forcément comprendre ?
— Oui, car sinon vous croirez en des choses incompréhensibles. Et là sera l'ultime état de votre esprit nourri à la croyance déshydratée…
— Mais vous, êtes-vous sûr de votre compréhension ?
— J'attendais cette remarque. Ceux qui ne comprennent pas tentent, dans un ultime état de leur esprit graisseux, de mettre en doute la compréhension de l'autre. Vous avez visiblement peur de votre incompréhension. Vous prenez conscience de la faiblesse de votre esprit nourri de futile et vous vous débattez, comme un agonisant qui ne veut pas voir son amie la Mort lui apporter son ultime cadeau. Vous êtes dans le brouillard et votre esprit, nourri de directions inutiles, est perdue. Vous essayer une ultime parade…
— Vous ne m'avez pourtant pas répondu !
— La compréhension n'est jamais totale, définitive. L'important est de comprendre à chaque étape, chaque fois que des informations ou des événements se présentent et renouvellent de fait cette compréhension. Dans cet état, je ne peux être sûr de ma compréhension que jusqu'à l'apparition de nouveaux éléments. J'en déduis que votre question, malheureusement, n'a pas de sens.
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