aérienne
Près de l'enfant
mai 2006 |
Par je
J'entends lui
Tû dans l'ombre
Il nargue ses frères
Au pas des morts
Vapeurs maigres
De traces griffées
Il n'a plus en moi
Le souffle chaud
Qui prend la voix
D'un corps brisé
Je m'enfuis
Vers lui aussi
D'un pied seulement
L'autre dort
Près de l'enfant
J'entends lui
Tû dans l'ombre
Il nargue ses frères
Au pas des morts
Vapeurs maigres
De traces griffées
Il n'a plus en moi
Le souffle chaud
Qui prend la voix
D'un corps brisé
Je m'enfuis
Vers lui aussi
D'un pied seulement
L'autre dort
Près de l'enfant
Neige II
mars 2006 |
Dans le pays où il neige, nous ne
ferons plus de pas dans la neige, légère et fine elle ne collera
plus la neige, aux pieds plats qui traînent dans les chemins de
neige. N'ais-je pas pris le temps de perdre ma vie au cours d'un
défilement subtil de sous-marins absurdes qui défilaient sous l'eau
marine des neiges fondues des pays où il neige ?
Sac plastique
janvier 2006 |
Âme vidée dans un sac plastique
Qui pourrit lentement près d'un yaourt périmé
Elle s'habille d'une mousse jaune
Comme un pistil de fleur sauvage
Qui pourrit lentement près d'un yaourt périmé
Elle s'habille d'une mousse jaune
Comme un pistil de fleur sauvage
L'homme dieu
décembre 2005 |
Je crois en l'Homme
À la société des Hommes
À l'amour des Hommes
Dieu s'est incarné en Homme paraît-il,
Alors croire en l'homme c'est aussi, peut-être, croire en Dieu
À la société des Hommes
À l'amour des Hommes
Dieu s'est incarné en Homme paraît-il,
Alors croire en l'homme c'est aussi, peut-être, croire en Dieu
Réveil
décembre 2005 |
Dormir dans la salon, sous une masse
de couettes et d'édredons. Se sentir prisonnier de la chaleur qui
vous entoure et vous serre. Se mouvoir hors de son rêve qui laisse
encore couler quelques images dans le présent. Vouloir ouvrir les
yeux. Les ouvrir. Apercevoir le plafond blanc où la tendre lumière
d'un matin enneigé dessine quelques dégradés blancs qui viennent
mourir sur le mur.
Tourner la tête et voir qu'elle dort encore.
Attendre.
Attendre encore.
Attendre que ses paupières frémissent et que, lentement, ses yeux respirent.
Alors, plonger dedans.
Tout vouloir. Puis ne plus rien vouloir.
Puis à nouveau tout.
La vouloir, enfin.
Tourner la tête et voir qu'elle dort encore.
Attendre.
Attendre encore.
Attendre que ses paupières frémissent et que, lentement, ses yeux respirent.
Alors, plonger dedans.
Tout vouloir. Puis ne plus rien vouloir.
Puis à nouveau tout.
La vouloir, enfin.
Lancelot
décembre 2005 |
Je me souviens
Des chemins de ronde
Bordures d'un lac imaginaire
Où tu t'étais endormie.
Des chemins de ronde
Bordures d'un lac imaginaire
Où tu t'étais endormie.
Lenteur
novembre 2005 |
Attente, lente
Yeux verts, doigts fins
Sur des sons sans sens
Envoûtement lent
Écrire, non, oui
Se défaire du regard
Et sans tarder, s'attarder
Se nourrir, vivre aussi.
Yeux verts, doigts fins
Sur des sons sans sens
Envoûtement lent
Écrire, non, oui
Se défaire du regard
Et sans tarder, s'attarder
Se nourrir, vivre aussi.
Destin nacré
août 2005 |
Pourquoi de si peu de temps
Nous avons eu, jadis,
Pour essaimer dans la plaine
Les graines d’un destin nacré,
Qui eu satisfait notre ignorance ?
Pour nous sauver, pour nous perdre…
Nous avons eu, jadis,
Pour essaimer dans la plaine
Les graines d’un destin nacré,
Qui eu satisfait notre ignorance ?
Pour nous sauver, pour nous perdre…
Si proches…
août 2005 |
Si peu de choses nous éloignent,
L’un vers l’autre, que
Cet espace qui nous lie,
Défait les liens ténus
D’un instant suspendu
À tes lèvres si proches que
Nous aimer serait
Un voyage infini.
L’un vers l’autre, que
Cet espace qui nous lie,
Défait les liens ténus
D’un instant suspendu
À tes lèvres si proches que
Nous aimer serait
Un voyage infini.
Neige
décembre 2004 |
Hier, nous avons regardé tomber la
neige, comme si nous étions des enfants. Les flocons flottaient
dans l’air, semblables à de petites plumes d’oiseaux. Les voitures
roulaient au pas, sans faire de bruit. Le clocher de l’église du
Sacré-Cœur avait disparu dans l’écharpe grise du ciel.
Le nez près de la fenêtre, les mains dans le dos, on s’amusait à suivre le trajet des flocons qui venaient s’écraser contre la vitre. Des bourrasques de vent poussaient la neige vers le coin du balcon. Elle s’agglutinait pour former un petit tas qui semblait remonter le long du mur. Le pot de terre cassé et le sapin mort avaient disparu sous un linceul. On ne distinguait plus que quelques petites collines blanches.
Le nez près de la fenêtre, les mains dans le dos, on s’amusait à suivre le trajet des flocons qui venaient s’écraser contre la vitre. Des bourrasques de vent poussaient la neige vers le coin du balcon. Elle s’agglutinait pour former un petit tas qui semblait remonter le long du mur. Le pot de terre cassé et le sapin mort avaient disparu sous un linceul. On ne distinguait plus que quelques petites collines blanches.