2005
L'homme dieu
décembre 2005 | humeur aérienne
Je crois en l'Homme
À la société des Hommes
À l'amour des Hommes
Dieu s'est incarné en Homme paraît-il,
Alors croire en l'homme c'est aussi, peut-être, croire en Dieu
À la société des Hommes
À l'amour des Hommes
Dieu s'est incarné en Homme paraît-il,
Alors croire en l'homme c'est aussi, peut-être, croire en Dieu
Réveil
décembre 2005 | humeur aérienne
Dormir dans la salon, sous une masse
de couettes et d'édredons. Se sentir prisonnier de la chaleur qui
vous entoure et vous serre. Se mouvoir hors de son rêve qui laisse
encore couler quelques images dans le présent. Vouloir ouvrir les
yeux. Les ouvrir. Apercevoir le plafond blanc où la tendre lumière
d'un matin enneigé dessine quelques dégradés blancs qui viennent
mourir sur le mur.
Tourner la tête et voir qu'elle dort encore.
Attendre.
Attendre encore.
Attendre que ses paupières frémissent et que, lentement, ses yeux respirent.
Alors, plonger dedans.
Tout vouloir. Puis ne plus rien vouloir.
Puis à nouveau tout.
La vouloir, enfin.
Tourner la tête et voir qu'elle dort encore.
Attendre.
Attendre encore.
Attendre que ses paupières frémissent et que, lentement, ses yeux respirent.
Alors, plonger dedans.
Tout vouloir. Puis ne plus rien vouloir.
Puis à nouveau tout.
La vouloir, enfin.
L'attente
décembre 2005 | humeur lunaire
Enchevêtré dans sa bêtise, il imposa
l'Attente.
L'inattendu déboussole.
Il s'excusera ; voyager de nouveau au dessus de ses yeux sera son salut.
Peut-être.
L'inattendu déboussole.
Il s'excusera ; voyager de nouveau au dessus de ses yeux sera son salut.
Peut-être.
Une souris verte
décembre 2005 | humeur aérienne
Une souris grise,
Court sur le bitume.
Fin de l'histoire.
Court sur le bitume.
Fin de l'histoire.
Lancelot
décembre 2005 | humeur aérienne
Je me souviens
Des chemins de ronde
Bordures d'un lac imaginaire
Où tu t'étais endormie.
Des chemins de ronde
Bordures d'un lac imaginaire
Où tu t'étais endormie.
Ars
novembre 2005 | humeur lunaire
Bien au-delà des paroles prononcées et
des gestes entrepris, la vie suit un cours fluide qui nous ramène à
la source des conflits en perte d'identité. Nous ne sommes pourtant
pas des ébauches finies qui pâlissons sous un arbre pleureur à la
lune de midi. Bien au contraire. Notre sens de l'ordre et du devoir
nous choisit par hasard une voie de garage suivie par la cohue des
décisions hâtives et furtives qui sillonnent une région dépourvue
de bon sens.
Lenteur
novembre 2005 | humeur aérienne
Attente, lente
Yeux verts, doigts fins
Sur des sons sans sens
Envoûtement lent
Écrire, non, oui
Se défaire du regard
Et sans tarder, s'attarder
Se nourrir, vivre aussi.
Yeux verts, doigts fins
Sur des sons sans sens
Envoûtement lent
Écrire, non, oui
Se défaire du regard
Et sans tarder, s'attarder
Se nourrir, vivre aussi.
Escargot
septembre 2005 | humeur lunaire
Grain de sable en montgolfière,
Escargot en parachute,
Moi, écrasé au sol !
Escargot en parachute,
Moi, écrasé au sol !
Caverne
septembre 2005 | humeur terrienne
Il y a 10 000 ans, on mangeait devant
une caverne, un pauvre herbivore cru que l'on avait du mal à
dépecer. Aujourd'hui on mange au restaurant des plats standardisés,
même si l'on n'a pas faim.
Suicide
août 2005 | humeur terrienne
Des vies ratées, des vies loupées, des
vies gâchées. Des vies sans queue ni tête. Sans tête surtout.
Des vies où la réussite des autres nous amène sans cesse à nous mettre en abîme. N’avoir aucun talent, n’avoir aucun don. Et pourtant. Persévérer ? Continuer ? Des fois on se dit que tout ceci est bien inutile. Par conséquent sa propre vie aussi nous paraît inutile. Suicide. Le mot est dit avec tout son poids, ses conséquences, sa solution.
Des vies où la réussite des autres nous amène sans cesse à nous mettre en abîme. N’avoir aucun talent, n’avoir aucun don. Et pourtant. Persévérer ? Continuer ? Des fois on se dit que tout ceci est bien inutile. Par conséquent sa propre vie aussi nous paraît inutile. Suicide. Le mot est dit avec tout son poids, ses conséquences, sa solution.
Destin nacré
août 2005 | humeur aérienne
Pourquoi de si peu de temps
Nous avons eu, jadis,
Pour essaimer dans la plaine
Les graines d’un destin nacré,
Qui eu satisfait notre ignorance ?
Pour nous sauver, pour nous perdre…
Nous avons eu, jadis,
Pour essaimer dans la plaine
Les graines d’un destin nacré,
Qui eu satisfait notre ignorance ?
Pour nous sauver, pour nous perdre…
Si proches…
août 2005 | humeur aérienne
Si peu de choses nous éloignent,
L’un vers l’autre, que
Cet espace qui nous lie,
Défait les liens ténus
D’un instant suspendu
À tes lèvres si proches que
Nous aimer serait
Un voyage infini.
L’un vers l’autre, que
Cet espace qui nous lie,
Défait les liens ténus
D’un instant suspendu
À tes lèvres si proches que
Nous aimer serait
Un voyage infini.
La fleur
août 2005 | humeur lunaire
Dans un état perpétuel de régression,
nous opposons aujourd'hui corps et esprit, dans une grande
tradition tragique de lobotomie religieuse. L'esprit nous fait
peur, par sa complexité et ses facettes infinies. Le concret et le
tangible tiennent alors lieu de refuge. Mais ce corps, qu'il faut
respecter et entretenir, n'est que la racine et la tige de la fleur
qu'est l'esprit.
Je,nous, vous
août 2005 | humeur terrienne
Je, nous, vous, clairsemés,
habités,
Volubiles et discrets, un mouvement,
Un geste perdu, l’eau qui coule
Dans le dos ; les pieds secs dans le sable
Inouïes mais visibles, des traces,
Des tâches… Finalement seul.
Volubiles et discrets, un mouvement,
Un geste perdu, l’eau qui coule
Dans le dos ; les pieds secs dans le sable
Inouïes mais visibles, des traces,
Des tâches… Finalement seul.
Comprendre
août 2005 | humeur lunaire
— Vous n'avez pas compris…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le veux-je pas ?
— Vous ne voulez pas comprendre…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le puis-je pas ?
— Vous ne pouvez pas comprendre et c'est là l'ultime état de votre esprit nourri à la facilité sous-vide…
— Quelle importance ? Dois-je forcément comprendre ?
— Oui, car sinon vous croirez en des choses incompréhensibles. Et là sera l'ultime état de votre esprit nourri à la croyance déshydratée…
— Mais vous, êtes-vous sûr de votre compréhension ?
— J'attendais cette remarque. Ceux qui ne comprennent pas tentent, dans un ultime état de leur esprit graisseux, de mettre en doute la compréhension de l'autre. Vous avez visiblement peur de votre incompréhension. Vous prenez conscience de la faiblesse de votre esprit nourri de futile et vous vous débattez, comme un agonisant qui ne veut pas voir son amie la Mort lui apporter son ultime cadeau. Vous êtes dans le brouillard et votre esprit, nourri de directions inutiles, est perdue. Vous essayer une ultime parade…
— Vous ne m'avez pourtant pas répondu !
— La compréhension n'est jamais totale, définitive. L'important est de comprendre à chaque étape, chaque fois que des informations ou des événements se présentent et renouvellent de fait cette compréhension. Dans cet état, je ne peux être sûr de ma compréhension que jusqu'à l'apparition de nouveaux éléments. J'en déduis que votre question, malheureusement, n'a pas de sens.
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le veux-je pas ?
— Vous ne voulez pas comprendre…
— Non, visiblement non. Mais peut-être ne le puis-je pas ?
— Vous ne pouvez pas comprendre et c'est là l'ultime état de votre esprit nourri à la facilité sous-vide…
— Quelle importance ? Dois-je forcément comprendre ?
— Oui, car sinon vous croirez en des choses incompréhensibles. Et là sera l'ultime état de votre esprit nourri à la croyance déshydratée…
— Mais vous, êtes-vous sûr de votre compréhension ?
— J'attendais cette remarque. Ceux qui ne comprennent pas tentent, dans un ultime état de leur esprit graisseux, de mettre en doute la compréhension de l'autre. Vous avez visiblement peur de votre incompréhension. Vous prenez conscience de la faiblesse de votre esprit nourri de futile et vous vous débattez, comme un agonisant qui ne veut pas voir son amie la Mort lui apporter son ultime cadeau. Vous êtes dans le brouillard et votre esprit, nourri de directions inutiles, est perdue. Vous essayer une ultime parade…
— Vous ne m'avez pourtant pas répondu !
— La compréhension n'est jamais totale, définitive. L'important est de comprendre à chaque étape, chaque fois que des informations ou des événements se présentent et renouvellent de fait cette compréhension. Dans cet état, je ne peux être sûr de ma compréhension que jusqu'à l'apparition de nouveaux éléments. J'en déduis que votre question, malheureusement, n'a pas de sens.